I.1 - L'épidémie belge fait souffler un vent de panique.
Par Rombi le mercredi, 26 avril 2006, 11:19 - I - Les prémisses du scandale des Plantes Chinoises. - Lien permanent
Durant l'année 1992, une épidémie de néphropathies interstitielles dégénératives débute dans une clinique belge spécialisée dans l'amincissement. Au fur et à mesure, 105 cas environs seront recensés.
Le professeur Vanherwegehem du département de néphrologie de l'hôpital Erasmes à Bruxelles qui travaille en relation avec les Laboratoires Servier accuse sérieusement les plantes chinoises (Stephania Tetrandra et Magnolia Officinalis) déconsidérant ainsi la phytothérapie et les médecines douces. Cependant, en Belgique seulement 2% des personnes qui ont consommé des plantes chinoises ont eu des problèmes rénaux et pas les autres… Pourquoi ?
Beaucoup de produits consommés par les patients de cette clinique étaient bien plus toxiques que ces plantes mais le professeur préfère persévérer dans sa suspicion. Afin de préserver ses travaux et ceux de son laboratoire, il attire l’attention sur le cas des Plantes Chinoises, espérant ainsi mettre hors de cause la Dexfenfluramine, une molécule d'amphétamine également prescrite aux patients de la clinique.
Mais la confusion de sa thèse pousse à d’autres études complémentaires. Celles-ci conduisent à soupçonner d’une part l’Aristoloche, plante réputée très toxique pour les reins, qui aurait contaminé la plante Stephania, d’autre part l’Isoméride qui sera interdite en 1997 après avoir été mise en cause par le docteur Ewalenko pour avoir provoqué des problèmes de valvules cardiaques.
Pourtant, le professeur Vanherweghem, qui s'était occupé de quelques malades de cette clinique d'amincissement, a tout de suite pensé que ces fibroses rénales pouvaient provenir des doses importantes, 17 à 25ml par jour, d'amphétamines (Isoméride et Diethylproprion) que prenaient les malades de cette clinique. Mais comme les malades de la clinique belge prenaient des gélules de plantes chinoises et que ce professeur, absolument opposé à la phytothérapie, voulait protéger l'Isoméride, il a décidé, sans preuve, que les néphropathies devaient être mises sur le compte des plantes chinoises. Il écrit donc un article assassin sur les plantes chinoises dans The Lancet avec le titre évocateur: Fibrose rénale interstitielle à évolution rapide chez des jeunes femmes: association avec un régime amaigrissant comprenant des herbes chinoises
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Il reste néanmoins quelque peu destabilisé car son équipe ne trouve pas de produits toxiques dans les gélules de plantes chinoises que prenaient ces malades. Il fait quand même son article en accusant les plantes chinoises d'être à l'origine de ces néphropathies et il conclut, toujours sans preuve: Même si nous ne pouvons²pas identifier le facteur causal précis de cette accumulation de néphrites interstitielles fibrosantes à évolution rapide, la relation entre la néphropathie et un traitement amaigrissant comportant des plantes chinoises semble si frappante qu'elle justifie l'attention urgente, et elle étaye la mise en garde récente contre l'utilisation de produits 'naturels' et de médicaments exotiques non contrôlés.
Tout est clair lorsque l'on suit le cheminement des manipulations de ce professeur. Il voulait, bien sûr, protéger l'Isoméride parce qu'il connaissait bien le Professeur Opsonner, le médecin du Laboratoire Servier en Belgique. Nous allons voir qu'il va protéger cet Isoméride pendant 4 ans jusqu'à son interdiction de commercialisation dans le monde en 1997.
Il faut savoir en effet que peu après l'apparition dse ces néphropathies, les médecins en Belgique ont eu une épidémie de régurgitation aortique chez les malades qui faisaient cette néphropathie dite aux plantes chinoises. 53% de ces malades avaient des problèmes cardiaques. Comme pour les néphropathies, on a mis tout de suite ces problèmes cardiaques sur le compte des plantes chinoises (le professeur W et d'autres médecins). On a découvert cependant que ces problèmes cardiaques se sont produits également chez des femmes qui avaient pris de l'Isoméride mais pas de plantes chinoises. Si bien que l'on peut admettre aujourd'hui que les fibroses rénales et les fibroses cardiaques venaient toutes deux de l'Isoméride et non pas des plantes chinoises. Cependant, le professeur Wanherweghem qui avait lancé la CHN, a voulu séparer les problèmes de toxicité. Ainsi, pour lui, les néphropathies venaient des plantes chinoises et les problèmes cardiaques venaient de l'Isoméride!
Lorsque l'on sait que les amphétamines et l'Isoméride produisent des rabdomyolyses au niveau des reins et des fibroses au niveau des muscles des artères rénales (cf. Pr Michelakis) on comprend que l'Isoméride et les amphétamines peuvent facilement provoquer des fibroses rénales (comme des fibroses cardiaques). C'est d'ailleurs la thèse du Pr Michielsen qui considère que ces problèmes rénaux viennent de l'Isoméride et des amphétamines, plutôt que des plantes chinoises. C'est d'ailleurs la thèse du Pr Vercruysse et du Pr de Broe de l'Université d'Anvers. Il faut savoir que les amphétamines et l'Isoméride augmentent les quantités de sérotonine dans l'organisme et au niveau des reins. Colson a montré que des injections de sérotonine provoquent des fibroses rénales. Or, selon la plaidoirie de Mme Bigwood, toutes les malades de la clinique belge ont affirmé que les médecins leur faisaient tous les jours des injections de mélanges inconnus qui pouvaient être de la sérotonine.
Bref, aujourd'hui, compte-tenu de ce que l'on sait sur les néphropathies de cette clinique belge et après lecture du Communiqué de la Pharmacovigilance Belge de 2000, les autorités belges de la Santé considèrent que toutes ces néphropathies ne proviennent pas des plantes chinoises.